BD Nord n°94

Distributeurs automatiques, collations


Pour être comprise et efficace, la nouvelle loi doit être expliquée aux enfants et aux parents, dans le cadre d'une réflexion sur les comportements alimentaires et leurs conséquences.



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Dans le cadre d'une politique gouvernementale d'éducation nutritionnelle des jeunes, deux mesures spécifiques ont été inscrites dans la loi n°2004-806 du 9 août 2004 publiée au JO du 11 août 2004 relative à la politique de santé publique. L'une concerne l'interdiction des distributeurs automatiques de boissons et de produits alimentaires payants et accessibles aux élèves dans les établissements scolaires à compter du 1er septembre 2005 (interdiction rappelée par la circulaire ministérielle du 14 avril 2005), l'autre est destinée aux annonceurs de messages publicitaires télévisés ou radiodiffusés, qui ont une obligation d'accompagner leurs messages d'une information à caractère sanitaire.

Toutefois, il est possible d'organiser des offres alimentaires en milieu scolaire qui respectent certains principes : diminuer les aliments à forte densité énergétique et privilégier les aliments à forte densité nutritionnelle (exemples : lait demi-écrémé, fruits, légumes, jus de fruits sans sucre, pains variés qui peuvent éventuellement être accompagnés de fromage ou de chocolat). Par ailleurs, les établissements scolaires, en liaison avec les collectivités locales, doivent favoriser l'installation de fontaines à eau afin que les élèves disposent d'une boisson fraîche et non calorique.

Nutrition et santé

Cette nouvelle législation entend interrompre, dans la même optique que le programme national nutrition santé (PNNS), l'augmentation forte du nombre de jeunes présentant un surpoids voire une réelle obésité, tout particulièrement dans les milieux sociaux peu favorisés (l'obésité infantile a augmenté de 17% en vingt ans*). De manière incitative, l'Education nationale s'était déjà saisie du problème : les BO nos9 et 31 de juin et août 2001 proposaient des actions d'éducation visant à offrir aux jeunes un environnement alimentaire favorable à leur santé. Depuis 2001, de tels projets sont impulsés par les académies disposant généralement de cellules de réflexion sur le sujet - Garsan pour l'académie de Lille (Groupement académique restauration santé). De nombreux établissements relaient ces projets en conduisant des actions fortes, le plus souvent dans le cadre des comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté, avec la collaboration de personnels de santé (diététiciennes par exemple). Ces actions illustrent les cours de SVT, qui eux aussi abordent le sujet.

* Source: rapport parlementaire Jérôme Rivière, député des Alpes Maritimes


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Grignotage

Selon le député Yves Bur, à l'origine de la loi, "il convient par ailleurs de lutter contre le grignotage. C'est une recommandation de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Les jeunes doivent apprendre à ne pas manger tout au long de la journée. Or l'installation des distributeurs a contribué à la pratique du grignotage. C'est donc aux parents à retrouver le réflexe de se préoccuper de la nutrition de leurs enfants lorsqu'ils ne sont pas dans le cadre familial, l'école n'ayant en aucun cas cette mission".


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Application de la circulaire

Certaines enseignes de boissons ont commencé à retirer d'elles-mêmes leurs appareils. Elles s'étaient inquiétées dès septembre-octobre 2004 des intentions des EPLE (établissements publics locaux d'enseignement). Dans le courant du 2e trimestre 2004, nombre de distributeurs ont commencé à disparaître. La grande majorité des chefs d'établissement ont demandé l'enlèvement des distributeurs à la rentrée de septembre 2005.

Dans les établissements, cette mesure est parfois accueillie de façon réservée, avec un argument qui revient souvent : ne va-t-on pas reporter le problème hors de l'établissement, puisque les élèves iront chercher chez le commerçant de proximité ou au café ce qu'ils ne trouvent plus au lycée. L'argument semble non recevable : doit-on installer dans les EPLE tous les périls de la vie au motif que sinon les élèves iraient les chercher dehors ?

Le docteur Jean-Marie Bourre, directeur de recherches à l'Inserm et membre de l'Académie de médecine, souligne l'obligation impérieuse d'appliquer la nouvelle loi, "compte tenu de l'aggravation considérable de l'obésité et de son cortège de conséquences catastrophiques humaines sanitaires et sociales". Selon lui, laisser perdurer nombre de produits offerts dans les distributeurs pourrait s'assimiler à de la non-assistance à personne en danger ! (Revue de l'intendance, février-mars 2005). Il préconise d'informer les parents au moyen d'un document d'éducation nutritionnelle, afin qu'ils achètent autre chose à leurs enfants (eau, fruits, etc.). Il condamne en revanche sans appel le grignotage, qui "trompe le cerveau et le corps, ignorant le signal de faim et celui de la satiété".


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1er degré

Dans l'enseignement primaire, tout en laissant aux enseignants une marge d'interprétation afin de s'adapter à des situations spécifiques, il a été rappelé les principes forts découlant de l'avis de l'Afssa : la collation du matin à l'école, de par sa composition, son horaire, son caractère systématique et indifférencié, n'est pas justifiée.


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Un grave problème de santé publique

L'excès de poids chez l'enfant et l'obésité deviennent des préoccupations inquiétantes en matière de santé publique.

Estimés à environ 3% en 1965, ils concernent en 2000 près de 15% des enfants. Cette évolution inquiétante, si elle se poursuit au rythme actuel, laisse présager une prévalence de près de 25% de l'obésité de l'enfant dans les années 2020.

Cette accélération brutale de la prévalence (le nombre) d'enfants obèses entraînera de nombreuses préoccupations de santé publique pour les années à venir. En effet, près de deux tiers des enfants obèses deviennent des adultes obèses et ont alors une espérance de vie réduite de 13 ans.

De nouvelles pathologies apparaissent dès l'enfance, même si elles sont encore marginales actuellement (le diabète de type 2, par exemple), mais surtout, l'obésité est un facteur de risque majeur à plusieurs niveaux : complications cardiovasculaires (risque multiplié par 3), diabète (risque multiplié par 9), maladies métaboliques, cancers, arthropathies, psychopathologies...

L'augmentation des cas de surpoids et d'obésité chez les jeunes ces dernières années montre que leurs habitudes alimentaires sont loin d'être toujours adaptées à leurs besoins physiologiques et que, pour un certain nombre d'entre eux, leur mode de consommation est déséquilibré (excès de lipides, insuffisance de calcium et de fer).

Le PNNS publié le 31 janvier 2001 tire véritablement la sonnette d'alarme. L'alimentation joue un rôle important, c'est une priorité de santé. Les facteurs nutritionnels sont impliqués dans bon nombre de pathologies :

  • Les maladies cardiovasculaires : 1re cause de mortalité en France, 170 000 décès par an.
  • Les tumeurs malignes : 29% de l'ensemble des décès chez l'homme, 23% chez la femme. 240 000 nouveaux cas par an.
  • L'obésité : 7 à 10 % d'adultes, 10 à 12,5 % d'enfants de 5 à 12 ans.
  • L'ostéoporose : 10 % des femmes à 50 ans, le quadruple à 75 ans (40%).
  • Le diabète : un adulte sur 5 présente une cholestérolémie supérieure à 2,5 g par litre.

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