Roland Charnay est directeur de l'IUFM de Bourg en Bresse et animateur du groupe ERMEL à l'INRP
Quatre axes importants se dégagent des nouveaux programmes :
"L'enseignement actuel est trop centré sur les techniques, pas assez sur le sens. Les activités papier-crayon sont dominantes et l'invasion des fichiers est préoccupante. Il faut que l'enseignement privilégie les situations où l'élève apprend à chercher."
Leur apprentissage n'est pas terminé à la maternelle (changement de point de vue) ; nécessité de travailler dans l'espace ordinaire (ça ne s'apprend pas sur le papier : la feuille de papier est un espace propre à explorer, qui ne se substitue pas à l'espace vécu).
Les compétences techniques sont orales et manuelles (travail sur les objets, sur les quantités, la suite numérique orale). Donner du sens aux nombres (les aspects techniques sont insuffisants).
Créer la mémoire des quantités (au travers de problèmes que l'élève doit résoudre), une image des quantités (on se sert des doigts pour pouvoir s'en passer). Résoudre des problèmes sans calcul explicite (sans traduction symbolique, sans formalisation écrite).<:p>
Remarque : l'enseignement français a tendance à débuter l'étude d'un concept par le lexique, le symbole ; or le mot conforte, prolonge, approfondit le concept ; l'approche précoce met en échec car elle fausse les représentations de la tâche.
Amener les maîtres à prendre en compte le passé de l'élève et les apprentissages de la maternelle (ne pas nier les compétences acquises ni les lacunes). Structurer les désignations orales / écrites Poursuivre le travail sur le sens.
La liaison école/collège ne peut être pensée en terme de répartition des notions mais essentiellement en terme de niveau de conceptualisation. L'enseignement actuel est trop centré sur les techniques (domination du papier-crayon, envahissement du travail exclusif sur fichiers, peu de place pour les écrits de type recherche - le brouillon a statut de "répétition générale"). Les maths sont d'abord des OUTILS pour résoudre des problèmes (à l'école ; ils deviennent ensuite des OBJETS de travail qui recréent d'autres objets (dès le collège).
Géométrie de perception, on reconnaît : est vrai ce que je vois.
Géométrie instrumentée : est vraie la propriété que j'ai vérifiée avec les instruments (propriété n'est pas définition : dire qu'un rectangle est un quadrilatère avec 3 angles droits contredit la réalité des 4 angles droits, les longueurs, le parallélisme... la redondance fait partie de ce mode).
Géométrie déductive : est vrai ce que je démontre par un discours logique (théorème). Dans chaque section, ce sont les changements qui sont à travailler. La géométrie travaille sur des problèmes dans l'espace ordinaire, sur la feuille, sur l'ordinateur ; le travail à main levée est une activité très importante (la géométrie approchée est identique au calcul approché).
A quoi sert d'avoir des connaissances mathématiques si elles ne sont pas utilisées, mobilisées et mobilisables par les élèves pour répondre ou traiter des problèmes ?
Le mot chercher a deux acceptions :
N.B. : C'est le propre du sens de la maternelle : il faut fabriquer SA solution.
Il s'agit de résoudre ce type de problèmes en utilisant un cheminement expérimental sous des formes diverses : écrit, différentes représentations - oral, dessin, schéma, symbolisation mathématique, ... - dispositif matériel, pour permettre d'élaborer des représentations mentales plus ou moins dépendantes du contexte. Il faut jouer sur différents niveaux de représentation.
C'est une source, un moyen et un enjeu des apprentissages. On enseigne d'abord les problèmes qui donnent sens aux notions, c'est en les résolvant qu'on commence à élaborer ces notions :
Quelle représentation le jeune élève a-t-il construit du problème, quel enseignement y a conduit ? La réussite ou l'échec d'un élève dépend de l'influence de 2 pôles :
Les uns répondent au problème, les autres au maître.
L'oral est la base de l'argumentation : l'élève peut appréhender le contexte, les informations données, la question posée. Pour penser comment les problèmes évoluent, les solutions, les formulations, l'élève a besoin de se parler ; le travail en petit groupe permet d'extérioriser le langage intérieur. La langue spécifique des maths peut être obstacle, barrage (ex. droit/penché, courbe, diagonale...)
Il y a trois types d'écrits :
Elle privilégie l'oral : travail sur les productions des élèves (procédures personnelles), la diversité des moyens, des niveaux de représentations... Cette nécessité n'implique pas de renoncer aux objectifs du cycle, au contraire, les procédures expertes font partie de cette présentation.
C'est la validation par le maître ou un élève expert, LA réponse.
C'est une activité décisive dans la vie sociale et pour accéder aux apprentissages ultérieurs. Le calcul d'usage (exact ou approché) est nécessaire à la compréhension de tous les concepts numériques, c'est l'occasion d'une réelle activité mathématique. Trois moyens de calcul : mental, instrumenté, calcul posé.
Elles ont peu d'avenir. Justification de leur maintien à l'école : permettre à chacun de vérifier le travail de la machine, moyen de travailler la numération, ... L'objet n'est pas de former des "virtuoses des opérations !".
On apprend les techniques trop tôt.
Il est décisif : ressource sociale, indispensable à la plupart des concepts de l'école et du collège (on ne peut y progresser si certains mécanismes ne sont pas disponibles).
Le calcul mental devrait être "pavlovien" dès la fin du CM (tables + et x ; y compris multiples de 15, 25 et fractions usuelles).
La mémorisation doit être "mobile" et suppose des approches sous différentes formes (compter de x en x ; les multiples de ... ; 7x8=56 ; dans 56 il y a 7x8 ; dans 60 il y a 7x8 et 4 ; c'est dans cet esprit que les tables de 2 et 5 sont enseignées au CE1).
Il est cohérent avec la priorité de la résolution de problèmes ; l'élève a l'initiative des procédures, il y a créativité, raisonnement (il se poursuit au collège).
Le calcul mental est une activité quotidienne qui a deux formes : - entraînement au calcul mémorisé, - séance de calcul réfléchi (plus longue du fait des mises en commun).
Prise de notes : M. Rackelboom, J.-J. Calmelet
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